Histoire naturelle d’un genou sans LCA
Depuis de nombreuses années, de nombreuses études cliniques et scientifiques, ont établi que « l’histoire naturelle » c'est-à-dire l’évolution, d’un genou sans ligament croisé antérieur (après une rupture ) va se faire obligatoirement vers la dégradation articulaire, pour arriver au stade ultime d’une arthrose précoce.
Dés 1976 ALLMAN écrivait : la rupture du L.C.A. est "the beginning of the end for the knee"( le début de la fin du genou ).
Depuis, de nombreux auteurs ayant étudié cette évolution spontanée, arrivent à la même conclusion :
parfois bonne tolérance initiale au départ (pouvant masquer la rupture si elle n'est pas diagnostiquée ) puis apparition de lésions méniscales et / ou cartilagineuses, c'est à dire l'arthrose.
Que ce soient JACOBSEN, NOYES, ARNOLD, MAC DANIEL, BLANK, AUBRIOT , DUPONT, MALTETIUS, VIELPEAU, INDELICATO, ou de très nombreux autres auteurs, tous mettent en évidence cette évolution arthrosique inéluctable et précoce d'un genou sans LCA.
Certains ( PINCZEWSKI , NOYES , COURAGE ....) montrent à l'inverse qu'une stabilisation chirurgicale pouvait stopper ou ralentir très efficacement cette évolution dégénératrive.
Enfin, plus récemment, la notion de T.F.I. (« Time From Initial Injing» ) ou de délai («Time dépendant ») a fait son apparition et sa preuve :
Plus le délai entre le traumatisme initial et la chirurgie de stabilisation est long, plus les lésions cartilagineuses sont avancées (TANDOGAN, VASARA , MAFFULLI,...).
Au total, la preuve expérimentale mais surtout clinique a été faite depuis longtemps et revérifiée dans de nombreuses études :
oui, un genou peut vivre sans LCA, mais le genou va inéluctablement voir apparaître des lésions méniscales et/ou cartilagineuses, c'est à dire une arthrose précoce ( ≥ 80 % avant 10 ans, en moyenne dans la littérature).
Ainsi, il semble licite de proposer une stabilisation chirurgicale d'un genou présentant une rupture du L.C.A. si on ne veut
pas voir apparaître une arthrose précoce (problème qu'il sera alors difficile à traiter chez un patient jeune).
On peut alors conclure comme DEPONT (89) COURAGE et VIELPEAU (97) «qu'ils incitaient à opérer plus tôt les jeunes sportifs atteints de rupture du L.C.A.», avis que je partage d'autant plus que les ligamentoplasties « modernes » arthroscopiques sont, peu délabrantes (peu iatrogènes)rapides et efficaces, pouvant redonner un genou stable et le protéger alors de l'apparition de l'arthrose précoce.